Des éoliennes au boulot

J’ai entendu parler l’autre jour d’ Energie Partagée, une sorte de fonds d’investissement solidaire,qui « veut permettre une réappropriation citoyenne des enjeux énergétiques sur les différents territoires (sic) ». L’idée est assez simple: et si, vous, moi, investissions notre argent dans un parc éolien ou une centrale photovoltaïque plutôt que de le placer en SICAV, actions, fonds de pensions, bons du trésors et autres produits financiers plus ou moins opaques.  L’idée m’a paru séduisante et pour me rendre compte des ordres de grandeur, j’ai creusé un peu le sujet.

Prenons l’exemple du projet de parc éolien de la Béganne en Bretagne: 4 éoliennes de 2MW chacune (ce ne sont pas les plus puissantes, certaines vont jusqu’à 6MW) capables de produire 19,9 GWh par an (à titre de comparaison, un réacteur nuclaire, c’est autour de 6000 GWh par an) pour un investissement de 12 M€ environ.  La consommation annuelle d’électricité de notre petite famille (on est 5 quand même!) s’élève à 3500 kWh par an (on se chauffe au gaz). De façon schématique, les moulins à vent de la Béganne pourraient donc satisfaire les besoins de 5700 familles. Si ces 5700 familles voulaient à elles seuls financer le parc de la Béganne, il suffirait à chacune d’entre elles d’investir 2100€. Certes ce n’est pas une paille, mais ce n’est pas une fortune non plus: 4 grandes télé, une chaudière à gaz, 5 ans d’assurance pour une grosse voiture (avec un bon bonus). Et au moins vous êtes propriétaire de votre source d’énergie verte et participez à la transition énergétique de la France. Mieux encore, même si ce n’est pas forcément l’objectif d’Energie Partagée, votre investissement pourrait vous rapporter 4 à 5% par an (mieux qu’un livret A!) sur 20 ans.

Mais il y a tout de même un problème, c’est que cet investissement reste pour le moins confidentiel (800 investisseurs chez Energie Partagée à ce jour pour un montant de 1.5M€), réservé aux écolos motivés et informés. Il faudrait donc trouver un levier pour encourager plus de monde à investir et c’est mon idée du jour. Il se trouve que j’ai reçu récemment de ma chère (grande) entreprise la participation/intéressement annuels qui approchaient justement les 2000€ (faut croire qu’on a bien bossé cette année). Qu’est-ce qui empêcherait de « flécher » cet argent vers un investissement dans les énergies renouvelables plutôt que dans des actions? Si investir dans l’éolien était aussi simple que de cocher une croix sur une feuille, est-ce que vous ne croyez pas que plus de gens sauteraient le pas? N’y aurait-il pas un effet d’entraînement entre collègues? Et au passage, est-ce que l’entreprise ne pourrait pas réfléchir à investir elle aussi pour sécuriser son approvisionnement en énergie?

Je vais essayer de pousser l’idée, je vous tiendrai au courant.

sept13

Mes racines

Voir mes 3 enfants grandir chaque jour est un émerveillement sans cesse renouvelé en même temps qu’une source d’interrogations multiples. Car en les voyant grandir, forger leur personnalité, définir leurs envies, développer des qualités et des défauts, je ne peux m’empêcher de me demander quelle est ma part d’influence dans ce lent processus de construction d’un être. Qu’est-ce qui relève de l’inné? De l’acquis? Qui les influence vraiment, nous leurs parents? Leurs professeurs? Leurs grand-parents? Leurs copains? Et comme dans un miroir, en les regardant grandir, je me regarde et je m’interroge: dans mon existence, qu’est-ce qui a fait que je suis devenu ce que je suis ? Y-a-t-il eu des éléments clés qui ont aiguillé mon parcours, des personnes, des évènements fondateurs, des détails qui ont paru anodin sur le moment et se sont révélés cruciaux par la suite, des livres peut-être, des réflexions glanées de ci de là, autant de choses dont je suis persuadé qu’elles ont changé quelque chose en moi.

Ma passion pour les avions, d’où vient-elle? D’un baptême de l’air dans un petit coucou piloté par mon Papa? D’n feu d’artifice du 14 juillet sur Paris aperçu par le hublot d’un A320? De ce gros livre “Life" dans l’espace” qui contait tout la conquête spatiale et que je ne cessais de lire et relire étant petit? Ou est-ce la banale fascination d’un petit garçon pour tout ce qui vole?

Cette envie de rire et de faire rire, où trouve-t-elle ses origines? Est-ce ma mère, si bon public devant ses enfants, qui m’a encouragé à la développer? Ou une saine émulation avec mon frère et ma soeur, mes cousins et mes cousines pour être le premier à faire marrer les autres? Ou un moyen de surmonter une timidité trop envahissante?

Cette envie de créer et d’inventer, comment est-elle née? Est-ce l’exemple de mon père (tiens encore lui …) dont l’imagination en cuisine, en bricolage ou en art plastiques semble sans limite? Ou cette pince orange gagnée grâce à des points Esso et reçue comme un trésor à l’âge de 7 ans? Ou la rubrique “Inventions” de Science et Vie Junior et son concours permanent comme un défi à relever? Ou les gènes de cet arrière grand père aux doigts de fée dont les reproductions de bijoux d’époque était tellement parfaite qu’elles passaient parfois pour des originaux? Ou de cet autre grand-père architecte qui dessinait et construisait des monastères à ces heure perdues?

Comme on souhaite revoir “Usual suspects” une fois qu’on en connaît le dénouement, afin de relever les petits détails qui auraient pu nous mettre sur la voie, j’aimerais me repasser le film de ma vie jusqu’à maintenant pour mieux comprendre comment j’en suis là aujourd’hui.

jan06

Requiem pour les Majors du disque?

Vous m’excuserez mais je vais me permettre deparler d’un sujet sur lequel je n’ai absolument aucune légitimité: l’industrie musicale. Soyons clair, je ne sais pas chanter, je ne joue pas d’instrument de musique, je suis incapable de lire une note sur une portée, mais je ne vais pas laisser aux hommes politiques le monopole de l’expression sur des sujets dont ils ne connaissent rien!

Je n’en reviens pas de voir à quel point l’industrie du disque n’en finit pas de ne pas se renouveler (en voilà une phrase tarabiscotée comme je les affectionne!). Sans rigoler, l’arrivée de Napster et les débuts du piratage de la musique par internet, c’était en 1999. 12 ans après, on a l’impression que la position des Majors du disque n’a pas évolué d’un iota. Elles s’arc-boutent désespérément sur une loi Hadopi inefficace et inapplicable pour essayer de préserver un modèle économique obsolète, plutôt que de le ré-inventer pour l’adapter au contexte technologique actuel. Pire encore, elles se sont fait doubler par de nouveaux acteurs comme Deezer ou Spotify qui se sont fait jolie place au soleil de la diffusion en ligne. Avec un peu de recul, je m’aperçois qu’on est passé d’un monde où, pour accéder à la musique, on devait acheter des CDs à 20 euros sans avoir pu les écouter avant, à un monde où on peut écouter presque tout,  gratuitement et quand on veut pour peut qu’on ait une connexion haut débit. Aucun de ces 2 modèles n’est satisfaisant, le premier a été petit à petit abandonné par les consommateurs, le second n’est pas viable pour l’industrie du disque. Je m’étonne que personne n’ait réussi à faire émerger une solution intermédiaire qui puisse satisfaire les deux parties en profitant au mieux de l’arrivée du haut débit dans tous les foyers et dans un pourcentage non négligeable de smartphones.

Si je regarde mon cas personnel (au risque de tomber dans un nombrilisme échevelé!), il y a 10 ans, j’achetais une dizaine de CDs par an, aujourd’hui je dois en acheter 1 ou 2 maximum et encore  à prix cassé (7 à 10 euros). Pourtant, j’écoute plus de musique et mes moyens financiers sont plus importants. Alors quoi? D’abord, j’écoute l’essentiel de ma musique sur un ordinateur (relié à la chaîne hi-fi du salon ou à un casque), acheter un CD pour passer du temps à le numériser ensuite, quel intérêt? Je pourrais acheter de la musique en ligne mais le prix me semble dissuasif (souven supérieur au prix d’un CD), pour un objet immatériel , de moindre qualité, limité en terme de copie ou de transfert par des DRM et parfois prisonnier d’un logiciel comme ITunes. Du coup, je me rabats sur Spotify qui répond presque entièrement à mon besoin. C’est gratuit, la qualité est tout à fait satisfaisante, les pubs ne sont pas trop fréquentes et je retrouve ma musique où que j’aille pourvu qu’il y ait une connexion sans avoir à trimbaler un disque dur ou un IPod. Si Spotify proposait un catalogue musical réellement exhaustif, je crois que je serais prêt à payer  5 à 10 euros par mois pour profiter du service (et me débarrasser des pubs). Et c’est là qu’on se rend compte que les Majors du disque sont passées à côté de quelque chose. Ce service, elles avaient les moyens de le créer, elles étaient même idéalement placées pour le faire si tant ait qu’elles aient accepté de se remettre en cause et de se creuser un peu le ciboulot.  Elles auraient pu s’en servir de façon intelligente pour élargir la diffusion des artistes au delà des quelques tubes matraqués par les radios, pour promouvoir de nouveaux groupes avec un moteur de recommandation intelligent, pour permettre aux auditeurs d’écouter un album avant de l’acheter, … Au lieu de ça, elles ont bradé leur catalogue à des nouveaux acteurs en ligne pour rattraper leur retard. Il y avait pourtant moyen de faire mieux. Pourquoi par exemple ne pas permettre 5 écoutes d’un titre avant de proposer de l’acheter pour continuer à l’écouter? Ca ne me choquerait pas, ce serait un système juste et équitable pour tous. Pourquoi ne pas inventer un système d’abonnement permettant d’acheter simplement 10, 20 ou 30 titres de son choix chaque mois? Je suis persuadé que la raison pour laquelle les Majors  jusqu’à présent perdu la bataille du piratage musical, ce n’est pas tant une affaire de prix que de facilité d’accès à la musique. Elles n’ont pas su se placer à la place du consommateur et utiliser les nouvelles technologies pour proposer une solution simple et rapide d’acheter de la musique. C’est ce qui risque de les tuer si elles ne finissent pas par se réveiller.

fév20

Recherche cabinet ministériel

Bon les jeunes, l’heure est grave! Il faut se rendre à l’évidence, je ne vais pas avoir le temps à la fois d’alimenter ce blog, de maintenir l’Ecolomètre en vie, de construire un immeuble en auto-promotion à Toulouse, de m’investir dans des assos écolos et autres AMAPs, de développer une énième idée de site-web-qui-va-tout-casser, d’aller boire des mousses avec des copains, de faire une rando roller de temps en temps, de lire la pile de bouquins que j’ai achetés récemment  dont le très bon « Blink » de Malcom Gladwell, de faire le repassage, de descendre les poubelles, d’astiquer mes pompes, … sans même parler de mon boulot et de ma vie de famille qui ne sont pas négociables. Que voulez-vous n’est pas Alain Juppé qui veut, capable de cumuler un job de maire de la 4ème ville de France avec un petit boulot de ministre de la Défense!

Tout du moins, je ne sais pas avoir le temps de faire ça tout seul. La conclusion s’impose donc d’elle-même: si je veux mener tout ça de front, je vais devoir m’entourer, en un mot, il me faut un cabinet ministériel, un vrai avec un directeur de cabinet  en éveil H24, une secrétaire omnipotente, un scribe pour rédiger mes bafouilles blogeusques et structurer ma pensée evanescente, et bien entendu, une trentaine de conseillers corvéables à merci (sur la vie d’un cabinet ministériel, je conseille au passage l’excellente BD « Quai d’Orsay » de Lanzac et Blain). La vie est tout de même bien faite parce que, figurez vous que ça tombe bien, c’est justement la saison des soldes sur les cabinets ministériels suite au remaniement! Merci cher Président pour ce coup de main inespéré  (qui eût cru que j’écrirais ça ici?)! Ce billets s’adresse donc à tous les cabinets ministériels remerciés,  lâchement lâchés, délaissés, abandonnés, éplorés: cessez de vous lamenter su la fin de vos voyages au long cours, sur la perte de vos appartements de fonctions et la fin de vos avantages en nature, venez plutôt me rejoindre, dans mes bras mes amis! Je précise que je ne suis pas exigeant, un cabinet de secrétariat d’état aux anciens combattants me suffira amplement. Envoyez CV, références et lettres de motivation à Raf-Toulouse, le facteur saura me trouver. Pas sérieux s’abstenir. Merci pour votre aide, c’es sympa, si si j’insiste …

nov19

New look

Ben voilà, au coeur de la léthargie de l’été, j’ai profité d’un peu de temps disponible pour faire un truc que j’avais en tête depuis un moment, j’ai upgradé WordPress en version 3 (j’étais encore en 2.6!!!) et j’ai changé le design du blog pour adopter un design un peu plus moderne. Je n’ai pas encore tout a fait fini de le traduire en français, ne vous étonnez donc pas de trouver encore par ci par là quelques anglicismes!

août11

Voisins voisines

Voilà 6 ans qu’on habite notre immeuble de 28 appartements, 6 ans à croiser nos voisins en coup de vent sans réellement faire connaissance, 6 ans à échanger des « bonjour » polis dans l’ascenseur, à se tenir la porte d’entrée, à se serrer la main brièvement aux assemblées générales des copropriétaires, 6 ans de relations cordiales mais sans plus. Pas spécialement d’inimité, pas d’amitié non plus, une sorte de réserve derrière laquelle chacun se retranche, de peur d’embêter les autres sans doute. Ah si quand même, les voisins du dessus avec qui on a franchement sympathisé depuis que nos enfants sont dans la même classe.

Cette année, un peu navré par cet état de fait, je me suis décidé à faire quelque chose. A force d’entendre parler de repas de quartier, d’apéros d’immeubles, des rassemblements « Tête de livre » (« Facebook » par Omar et Fred) partout en France, partout sauf chez nous, je me suis dit qu’il fallait essayer quelque chose. Alors en 5 minutes, j’ai imprimé 3 affiches que je suis allé coller sur les portes d’entrée pour inviter tous les résidents à un apéro collectif entre 19h et 20h30 mardi dernier. Je l’avoue tout net, je n’étais pas très sûr de mon coup et je me préparais à manger mes cacahouètes et siffler mon Pastis en solo tel en vieil alcoolo au comptoir du Bar des Amis. Mais la curiosité me poussait à tenter l’expérience. Contre toute attente, ce fût une réussite, les trois quart des habitants sont venus, du bébé de 7 mois à la mamie de 85 ans, l’électricien du premier, l’informaticien du 4ème, le locataire arrivé il y a 6 mois, la propriétaire présente depuis la construction de l’immeuble (il y a 55 ans!), tous ravis que quelqu’un ait pris un telle initiative. On a parlé de tout et de rien, de l’immeuble, de Toulouse, des métiers et des occupations de chacun, on a découvert qui se cachait derrière le mûr mitoyen de notre appartement (et qui a droit tous les matins aux babillements plus ou moins sonores du petit dernier!), on a plaisanté, on a ri, on a bu, en résumé, ce fût un vrai moment de convivialité et d’échange qui s’est prolongé jusqu’à 22h30 et que chacun s’est promis de renouveler. Ca ne changera sans doute pas nos vie, l’immeuble ne s’est pas réveillé radicalement différent le lendemain, mais on a « tissé du lien social » comme disent les médias et ça fait du bien!

juin20

En vrac

Super idée du Monde qui édite désormais le Monde Mensuel, la sélection des meilleurs articles du mois écoulé dans un format mini-magazine. C’est complet, varié, instructif, pratique et surtout idéal pour tous ceux qui, comme moi, n’ont pas le temps de lire un journal quotidien, à se demander comment personne n’y avait pensé avant. Deux euros chez votre marchand de journaux, c’est abordable.

C’est marrant comme mes deux premiers enfants sont ravis d’aller à l’école (maternelle pour le moment). Le matin, ils y vont en courant, après les vacances, ils attendent ave impatience d’y retourner, et quand je leur demande pourquoi, ils me répondent avec la sincérité qui caractérise les bambins: “parce qu’on apprend des choses”. Du coup, je me demande à quel moment tout cela va changer et quand cet entrain naturel va disparaître. Ca devrait être tout le temps comme ça l’école, non?

Il y a un boulanger à côté de chez moi qui, non content de faire du bon pain, fait des fournées à toute heure de la journée et le soir jusqu’à une demi-heure avant la fermeture. Du bon pain chaud, tout juste sorti du four, absolument irrésistible! Autant vous dire que sa boulangerie ne désemplit pas et qu’au moment de tirer le rideau, il ne reste plus une seule baguette sur ses étagères.

On me demande régulièrement “mais comment tu as le temps de faire tout ça?”. Je crois que la réponse est assez simple: je regarde très peu la télé. Et quand on sait qu’un français regarde la télé 3h30 par jour en moyenne, ça représente tout de même 25 heures dans la semaine (trop bon en calcul le gars, Mr Raf, les lettres), on peut en faire des choses pendant ce temps là!

Plus ça va et plus j’ai l’impression que le monde se divise en 2 types de personnes: ceux qui s’engagent et les autres. Ceux qui s’engagent sont mûs par un irrépressible besoin d’agir, c’est plus fort qu’eux, ils doivent s’investir pour des causes, on les retrouve dans toutes les associations, ils sont toujours sur 4 projets à la fois et ont un emploi du temps surchargé, c’est leur moteur, probablement leur façon d’exister, de se sentir vivants quitte parfois à se disperser. Les autres sont plus réfléchis, plus posés, plus égocentrés aussi peut-être. On a sans doute besoin des 2 pour faire un monde. Je vous laisse deviner dans quelle catégorie je suis …

juin10

Autopromotion

Avec un titre pareil, vous vous attendez probablement à un billet nombriliste et égo-centré vantant ma nouvelle coupe de cheveux, mon exceptionnelle participation à la quinzaine du gras de l’Intermarché de Mauvezin  ou la beauté du galbe de mes pectoraux huilés. Que ceux qui ne sont pas adeptes du “culte du Raf” ne passent pas trop vite leur chemin car de tout cela il ne sera pas question dans ce billet (ouf!).

L’autopromotion c’est mon nouveau dada, ma nouvelle lubie, connaissant mon goût pour l’architecture et les idées “alternatives”, vous allez vite comprendre pourquoi. Par ce néologisme, on désigne la démarche d’un petit groupe de personne cherchant à construire ensemble un habitat collectif de qualité pour leur propre usage. Très développé en Allemagne, en Suisse et au Canada, l’autopromotion fait petit à petit son apparition en France avec quelques projets emblématiques dont celui de la Salière à Grenoble, à mon sens un modèle du genre qui a l’immense mérite d’avoir largement dépassé le stade du simple projet pour sortir de terre. Mais attention, n’allez pas imaginer un truc de baba-cools attardés post-soixante-huitards sur le retour où l’on élèverait des chèvres à la cave et des lamas sous les combles! Malgré les valeurs coopératives, écologiques, sociales ou solidaires que véhiculent souvent ces projets, ceux qui les mènent ont bien les pieds sur terre et ont une approche très pragmatique de l’habitat collectif. A la base de leur démarche, il y a souvent une insatisfaction face à ce que proposent les promoteurs traditionnels: trop petit, pas assez écolo, trop individualiste, mal situé, de mauvaise qualité, la liste des griefs est longue. Alors comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, pourquoi ne pas s’instituer soi-même promoteur? Outre l’assurance d’avoir un habitat qui correspond à ses besoins et ses envies, il y a l’opportunité d’économiser 10 à 15% du coût de la construction (souvent réinvestis dans des matériaux ou des équipements plus performants). C’est aussi l’occasion de mener un projet à plusieurs, de vivre une aventure collective hors norme qui débouchera si tout va bien sur une nouvelle façon d’appréhender le “vivre ensemble”. Ainsi, à côté des appartements privés de chacun, les habitats en autopromotion intègrent souvent des espaces collectifs comme une buanderie (comme aux Etats-Unis), un atelier, un jardin, une chambre d’amis, … autant de lieux favorisant les échanges entre voisins sans toutefois tomber dans la communauté Hippie! Dernier bénéfice à mettre au crédit de l’autopromotion, parce qu’elle reflète les aspirations et les façons de vivre de ses habitants, elle contribue à une plus grande variété architecturale et à un urbanisme renouvelé. On est loin des grand ensemble d’immeubles ou des lotissements construits en mode “copier-coller” qui fleurissent dans nos villes et nos campagnes.

Si les démarches d’autopromotion sont encouragées (presque institutionnalisées) en Allemagne (sous le terme “baugruppen”), notamment par les municipalités qui mettent à disposition des terrains à des tarifs préférentiels pour ces projets, elles restent relativement confidentielles et ignorées en France où elles s’apparentent plus à un parcours du combattant sur plusieurs années qu’à un long fleuve tranquille. Ca n’empêche pas qu’une 20 de groupes actifs se soient constitués un peu partout pour essayer de monter des projets d’habitat collectifs. Peu ont encore abouti, ceux qui ont réussi (ou sont en passe de le faire ont bénéficié de l’appui de leur mairie comme à Grenoble ou à Strasbourg.

Pour pousser l’analyse un peu plus loin, j’oserai un parallèle entre l’autopromotion et le phénomène des AMAPs. Dans les 2 cas, on sent une volonté des “consommateurs” de devenir acteur-concepteur des produits qu’ils consomment et établissant une relation directe et collaborative avec un “producteur”. L’objectif poursuivi est le même: avoir un mode de vie plus sain et plus durable, vivre en accord avec ses convictions, favoriser les échanges et les relations sociales, encourager la diversité des produits. C’est une tendance lourde dans notre société, après l’habitat et l’alimentation, je ne m’étonnerais pas de la voir s’étendre à d’autres domaines.

Pour ceux que le sujet intéresse, si je n’avais qu’un document à conseiller, c’est celui d’Alain Meyer, incroyablement érudit et complet. Pour ceux qui sont sur Toulouse, sachez que l’association La Jeune Pousse rassemble deux groupes qui travaillent activement sur des projets d’autopromotion, je crois qu’il y a encore des places disponibles.

mai14

De la suite dans les idées

Pas grand chose à se mettre sous la dent en ce moment! Vous m’en excuserez, en ce moment je suis en mode “éponge”: je lis tout ce qui me passe sous la main, j’absorbe, je m’imprègne. Un  jour ça ressortira sous une forme ou sous une autre … ou ça ne ressortira pas. Donc au porgramme lectures diverses et variées: “Comment les riches détruisent la planète” de Kempf, “les Méthodes agiles”, “la Vache Pourpre” de Seith Godin, “Scions travaillait autrement” (j’y reviendrai), ”l’homme aux 2 cerveaux” de mon idole Dan Pink, sans compter pléthore de magazines et sites internet tout aussi éclectiques. Toutes ces lectures alimentent des réflexions, des idées, des embryons de projets qui pour la plupart ne dépasseront sans doute pas le cercle très fermé de mes deux hémisphères!

Les vacances m’offrent néanmoins le temps d’effectuer un petit retour en arrière sur des idées déjà chroniquées ici même il y a quelques temps et pour lesquels j’ai trouvé des compléments d’information:

  • en janvier, je vous avais présenté Lib et Staël réalisant des chemises sur mesure selon vos goûts et préférences. Voici la version pour enfants avec Kameleon,Kid un site astucieux et bien réalisé permettant de personnaliser à souhait les vêtements de ses bambins. A noter que là aussi la “façon” est “made in France”, c’est suffisamment rare (unique?) pour être précisé.
  • l’année dernière, je vous avais parlé de mon idée de faire du crowdsourcing pour du commerce de meubles. D’autres ne se sont pas arrêtés au stade de l’idée et ils ont bien raison! Ainsi, l’Edito édite des meubles en bois soumis par des designers. Si l’idée est séduisante, je reste sceptique sur la réalisation: pas de communauté de designers, pas de vote des internautes, les meubles sont en contreplaqué (donc pas de bois massif) sans aucune mention sur l’origine du bois ni sur les émissions de COV, le procédé de fabrication industrielle (découpe laser des panneaux) est trop contraignant pour offrir une vrai diversité dans les meubles proposés et surtout les prix sont excessifs au regard de la qualité des produits. Plus prés de moi et de l’esprit de mon idée de départ, un architecte toulousain a lancé Archedis, un site qui édite et vend des meubles au design original et à la réalisation artisanale et soignée. Il est ouvert aux créations d’autres designers (je n’exclue pas de le contacter d’ailleurs). Dans la même veine, je me dois de mentionner aussi Quirky, plutôt centré sur les produits design en plastique, et qui est des 3, le seul à avoir réellement développé l’aspect communautaire dans le processus de création.
  • et pour finir, j’avais aussi encensé Kiva, site génial de micro-crédit en peer-to-peer qui avait le seul défaut d’être anglophone et Américano-centré. Kiva a désormais un équivalent francophone, Babyloan (bravo pour le jeu de mot) créé par une équipe, jeune, dynamique, sérieuse et surtout très pointue sur les question de micro-crédit donc digne de confiance.

mai10

Le retour de la chemise idéale

ls-chemise - retour à l'accueil Ludo va encore se moquer de mes discussions de gonzesse mais je persiste et signe : il y a quelques temps, je vous avais décrit ma chemise idéale, eh bien, je l’ai trouvée, ou plutôt j’ai trouvé les petits gars capable de me la fabriquer! 

Découverts par l’intermédiaire de la Fabrique Hexagonale (un blog recensant tous les produits fabriqués en France), Lib et Staël est une boutique en ligne, ou plus exactement un "faiseur" en ligne qui propose des chemises sur mesure. ("Sur mesure? La vache, le Raf il s’embourgeoise!"). Bon, outre le fait que les chemises qu’ils vendent sont parfaitement ajustées au moindre bourrelet de votre corps d’athlète, vous pouvez définir votre chemise dans les moindres détails. Du style du tissu au type de manchettes, de la forme du col aux plis dans le dos, de la couleur des boutonnières au nombre de poches, tout est customisable à souhait, le tout grâce à une interface web aux petits oignons qui vous présente votre produit au fur et à mesure de sa définition! Vous voulez une chemise à manches courtes avec un col Mao, un dos à pinces, des épaulettes et un tissu infroissable? C’est possible! Ma chemise idéale, vous pensez donc bien que c’est finger in the nose, y a qu’à composer et en 2 minutes, c’est plié. Evidemment tout cela a un prix mais je m’attendais à pire, ça commence à 69€ et suivant le tissu ça peut aller jusqu’à 119€, voire un peu plus suivant les options choisies. Mais attention, pour ce prix là, vous avez le top de la classe, un produit unique, un truc qui sape grave, fabrication française, tissus Anglais ou Italiens et surtout, le détail qui tue, vos initiales sur la poitrine (ce truc de milliardaire!). Pas une vulgaire chemise de supermarché fabriquée à l’autre bout du monde par des mains qui n’ont peut-être pas encore atteint la majorité.

En ce qui me concerne, vu que j’ai la taille mannequin, à mi chemin entre Georges Clooney et Michael Moore, je dois bien avouer que je me fiche un peu d’avoir une chemise aux mesures exactes de mes biceps musculeux et de mes pectoraux rebondis, pour un peu moins cher une taille L classique avec toujours les même possibilités d’accessoirisation me suffirait amplement. Et tant que j’y suis, si je peux me permettre une ou deux remarques à caractère constructif, le nom et l’adresse du site sont immémorisables et le design du site un peu trop sage pour un concept aussi fou. Ah et puis un dernier truc, des tissus bio, équitable, certifiés Eko-Tex seraient de bon goût.

fév02